J’allume une cigarette.
Ma copine vient à peine de partir et c’est la première chose que je fais.
Des fois je me dis que fumer, c’est pour moi comme pour respirer : si on y pense pas, on le fait inconsciemment.
Prenez conscience que vous respirez. Maintenant, vous allez vous sentir obliger de vous contrôlez : inspirer, expirer, recommencer… Jusqu’à ce que votre organisme prenne le relais sans votre aide.
Maintenant, retenez-vous, empêchez vos poumons d’aspirer l’air dont ils ont besoins. Vous ne tiendrez pas. Craquez, inspirez de grandes bouffées d’oxygènes. Savourez-les. Vous en avez besoin et c’est gratuit.
Je souffle un nuage de fumée et je le regarde se dissiper.
La noyade doit être la plus horribles des morts.
Je m’effondre dans le canapé (encore chaud, on y devine sans problème les formes de ma copine) et allume la télévision.
Il est presque minuit, mon studio est plongé dans le noir. La seule lumière vient de l’écran de la télé et des brèves rayures jaunâtres des phares des voitures qui filtrent à travers les persiennes. Je ne suis vêtu que de mon pantalon, de ma montre, et d’une cigarette entre mes lèvres.
Rien de ce qui passe à la télé ne m’intéresse. Je zappe. Je zappe. J’arrête.
Je me traîne jusqu’à mon ordinateur, m’assied sur la chaise en bois inconfortable, et me connecte sur Internet. Je pose ma cigarette dans un cendrier et boit le fond d’un verre de coca tiède.
La première chose que je fais sur le net, c’est consulter les derniers commentaires laissés sur mon blog.
Je tire une bouffée sur ma clope avec délice. Même si je me dis que je devrais arrêter.
J’ai déjà essayé auparavant, je me suis même informé pour obtenir de l’aide. Le message général que j’ai retenu, c’est qu’arrêter de fumer développe d’autres dépendances.
Vous aurez toujours besoin d’avoir quelque chose en bouche, même un cure-dent.
Vous aurez du mal à vous empêcher de grignoter.
Ou de boire, ou de remuer.
Au final, qu’est ce que j’y gagnerai ? Quelques années de plus à vivre frustré ? Non, merci. Sans façon.
J’écrase ma cigarette dans le cendrier.
Je baille et m’étire, je fais craquer mes doigts un à un. Je mets un peu de musique, doucement, pour combler le vide sonore qui règne en maître dans mon studio. Je passe devant le frigo et prends une canette, puis je retourne devant mon ordinateur. Aucun commentaire n’est vraiment intéressant sur mon blog, mais je suis content d’en avoir reçu deux nouveaux.
J’ai envie d’une autre cigarette, avant d’aller dormir… Je glisse mes doigts dans mon paquet, ils touchent les bords, le fonds, et ne trouvent rien.
Merde. Je voulais juste une dernière clope. Je me lève et me précipite à la fenêtre. J’écarte deux lattes des persiennes. Même le café du coin est fermé. Je m’écroule sur mon siège en râlant. Je surfe sur le net en essayant de ne pas penser à la cigarette.
Retenez votre souffle, craquez. Votre organisme prendra le relais.
Je tapote nerveusement la table du bout des doigts, les pages web défilent sans que j’y prête vraiment attention. Mon dos me chatouille. Je m’enfonce sur mon siège pour me gratter contre le dossier.
Quelque chose craque, je sens une vive douleur.
Je bondis de ma chaise et regarde le dossier. Rien. Il est intact. Mais j’ai mal au milieu du dos. Je tords mon bras pour essayer de trouver une éventuelle plaie et tâte du bout des doigts.
C’est à ce moment que quelqu’un attrape ma main.
Je ne peux me retenir de hurler de surprise et de douleur. Je me débat, tourne sur moi-même et envoie de violent coups de poing dans le vide, cherchant à frapper l’inconnu qui sert ma main de plus en plus fort.
J’ai beau tourner, il n’y a personne derrière moi. Je dois ressembler à un chien qui veut attraper sa queue.
La douleur commence à naître dans mon bras, je prends conscience qu’une pression à peine plus forte pourrait suffire à déboîter mon épaule. Je sais mon poignet avec ma main libre et tire. Ma main est libérée, mais la douleur dans mon dos reste insupportable. Je me précipite dans la salle de bain pour constater les dégâts. J’allume la lumière, mes mains sont intactes. Je me retourne et me tord le cou pour voir mon dos dans le miroir. Je ne peux pas croire ce que je découvre.
Au milieu de mon dos, une main s’agite, se tortille dans tous les sens et cherche à attraper tout ce qui est à sa portée.
Je suis pris de convulsions, et je n’ai pas le temps d’atteindre les toilettes pour y vomir.
Je perds l’équilibre et tombe par terre, un bras dans ma gerbe. Je sanglote. Est-ce un rêve ? Je veux me réveiller ! J’ai mal !
Je me traîne jusqu’au canapé du living, je reste assis par terre, les genoux contre ma poitrine, encadrés par mes bras. J’enfuis ma tête dans mes bras et essaye de me convaincre que je rêve, ce n’est pas réel. Ca ne peut pas l’être, même si j’ai mal.
Je veux me réveiller. Je veux m’endormir
Pour me réveiller.
Je tremble, pleure, j’aimerai une cigarette.
J’ouvre les yeux. Le soleil déverse une lumière blafarde dans mon studio. J’inspire, j’expire, je recommence. L’envie de clope est forte. J’étouffe. Je devrai arrêter. Même si s’empêcher de fumer développe d’autres dépendances.
J’ai passé la nuit assis par terre, et quand j’essaye de me redresser, j’abandonne et me replie sur moi-même, anéanti.
Des dizaines de mains et des centaines de doigts s’agitent dans mon dos.
Ma copine vient à peine de partir et c’est la première chose que je fais.
Des fois je me dis que fumer, c’est pour moi comme pour respirer : si on y pense pas, on le fait inconsciemment.
Prenez conscience que vous respirez. Maintenant, vous allez vous sentir obliger de vous contrôlez : inspirer, expirer, recommencer… Jusqu’à ce que votre organisme prenne le relais sans votre aide.
Maintenant, retenez-vous, empêchez vos poumons d’aspirer l’air dont ils ont besoins. Vous ne tiendrez pas. Craquez, inspirez de grandes bouffées d’oxygènes. Savourez-les. Vous en avez besoin et c’est gratuit.
Je souffle un nuage de fumée et je le regarde se dissiper.
La noyade doit être la plus horribles des morts.
Je m’effondre dans le canapé (encore chaud, on y devine sans problème les formes de ma copine) et allume la télévision.
Il est presque minuit, mon studio est plongé dans le noir. La seule lumière vient de l’écran de la télé et des brèves rayures jaunâtres des phares des voitures qui filtrent à travers les persiennes. Je ne suis vêtu que de mon pantalon, de ma montre, et d’une cigarette entre mes lèvres.
Rien de ce qui passe à la télé ne m’intéresse. Je zappe. Je zappe. J’arrête.
Je me traîne jusqu’à mon ordinateur, m’assied sur la chaise en bois inconfortable, et me connecte sur Internet. Je pose ma cigarette dans un cendrier et boit le fond d’un verre de coca tiède.
La première chose que je fais sur le net, c’est consulter les derniers commentaires laissés sur mon blog.
Je tire une bouffée sur ma clope avec délice. Même si je me dis que je devrais arrêter.
J’ai déjà essayé auparavant, je me suis même informé pour obtenir de l’aide. Le message général que j’ai retenu, c’est qu’arrêter de fumer développe d’autres dépendances.
Vous aurez toujours besoin d’avoir quelque chose en bouche, même un cure-dent.
Vous aurez du mal à vous empêcher de grignoter.
Ou de boire, ou de remuer.
Au final, qu’est ce que j’y gagnerai ? Quelques années de plus à vivre frustré ? Non, merci. Sans façon.
J’écrase ma cigarette dans le cendrier.
Je baille et m’étire, je fais craquer mes doigts un à un. Je mets un peu de musique, doucement, pour combler le vide sonore qui règne en maître dans mon studio. Je passe devant le frigo et prends une canette, puis je retourne devant mon ordinateur. Aucun commentaire n’est vraiment intéressant sur mon blog, mais je suis content d’en avoir reçu deux nouveaux.
J’ai envie d’une autre cigarette, avant d’aller dormir… Je glisse mes doigts dans mon paquet, ils touchent les bords, le fonds, et ne trouvent rien.
Merde. Je voulais juste une dernière clope. Je me lève et me précipite à la fenêtre. J’écarte deux lattes des persiennes. Même le café du coin est fermé. Je m’écroule sur mon siège en râlant. Je surfe sur le net en essayant de ne pas penser à la cigarette.
Retenez votre souffle, craquez. Votre organisme prendra le relais.
Je tapote nerveusement la table du bout des doigts, les pages web défilent sans que j’y prête vraiment attention. Mon dos me chatouille. Je m’enfonce sur mon siège pour me gratter contre le dossier.
Quelque chose craque, je sens une vive douleur.
Je bondis de ma chaise et regarde le dossier. Rien. Il est intact. Mais j’ai mal au milieu du dos. Je tords mon bras pour essayer de trouver une éventuelle plaie et tâte du bout des doigts.
C’est à ce moment que quelqu’un attrape ma main.
Je ne peux me retenir de hurler de surprise et de douleur. Je me débat, tourne sur moi-même et envoie de violent coups de poing dans le vide, cherchant à frapper l’inconnu qui sert ma main de plus en plus fort.
J’ai beau tourner, il n’y a personne derrière moi. Je dois ressembler à un chien qui veut attraper sa queue.
La douleur commence à naître dans mon bras, je prends conscience qu’une pression à peine plus forte pourrait suffire à déboîter mon épaule. Je sais mon poignet avec ma main libre et tire. Ma main est libérée, mais la douleur dans mon dos reste insupportable. Je me précipite dans la salle de bain pour constater les dégâts. J’allume la lumière, mes mains sont intactes. Je me retourne et me tord le cou pour voir mon dos dans le miroir. Je ne peux pas croire ce que je découvre.
Au milieu de mon dos, une main s’agite, se tortille dans tous les sens et cherche à attraper tout ce qui est à sa portée.
Je suis pris de convulsions, et je n’ai pas le temps d’atteindre les toilettes pour y vomir.
Je perds l’équilibre et tombe par terre, un bras dans ma gerbe. Je sanglote. Est-ce un rêve ? Je veux me réveiller ! J’ai mal !
Je me traîne jusqu’au canapé du living, je reste assis par terre, les genoux contre ma poitrine, encadrés par mes bras. J’enfuis ma tête dans mes bras et essaye de me convaincre que je rêve, ce n’est pas réel. Ca ne peut pas l’être, même si j’ai mal.
Je veux me réveiller. Je veux m’endormir
Pour me réveiller.
Je tremble, pleure, j’aimerai une cigarette.
J’ouvre les yeux. Le soleil déverse une lumière blafarde dans mon studio. J’inspire, j’expire, je recommence. L’envie de clope est forte. J’étouffe. Je devrai arrêter. Même si s’empêcher de fumer développe d’autres dépendances.
J’ai passé la nuit assis par terre, et quand j’essaye de me redresser, j’abandonne et me replie sur moi-même, anéanti.
Des dizaines de mains et des centaines de doigts s’agitent dans mon dos.
